Laptitebrayonne

 

 

 

Qui suis-je ?

 

 

Les Brayons ont-ils commencé au
 Madawaska  ?

(Les vides de l'histoire sont souvent comblés par des hypothèses
ou des légendes.)

Chaque peuple a son histoire;
chaque histoire a ses légendes.
Nos origines plutôt récentes en comparaison de celles
 de nos ancêtres européens
 ne nous ont pas révélé tous leurs secrets.
Il faut les découvrir ou les détruire de traditions

pas toujours suffisamment exploitées.
 


Depuis que (les coureurs des bois) ont arpenté nos forêts
et ramé nos rivières,une tradition persiste:
 les gens du Madawaska s'appellent
''les Brayons''
Pourquoi?
Certains ont cru que le terme viendrait du verbe
''braire le lin''.
Or ,rien ne laisse entendre que nos ancêtres
auraient fait une spécialité de la culture du lin.
L'histoire, le simple bon sens, refuse cette explication.

D'autres prétendaient que le mot ''Brayon''
voulait dire ''torchons''
puisque les Acadiens employaient
le même terme pour désigner un torchon.
Mais il est tout à fait invraisemblable que
 les Acadiens traitent leurs voisins de torchons,
que nos fiers ancêtres y consentent et se traitent eux-même de ''torchons''.
Car c'est toujours avec beaucoup de fierté que nos ancêtres,

 cofondateurs de la République,
s'appelaient eux mêmes
''les Brayons''.
 


Décidément, l'origine du terme est à chercher ailleurs.

Une correspondance avec un généalogiste de la Normandie,
région d'où viennent plusieurs de nos ancêtres,
nous révèle qu'une partie de celle-ci se nomme
''Pays de Bray''
 et que ses habitants s'identifient, comme nous, sous le gentilé 
''Brayon''
La légende suivante en tire une hypothèse.
Texte: Gérard Dionne , évèque émérite
Le Madawaska 22 août 2001

Légende de Brayonne:
A Alex Antoine

 


Mon grand-père me racontait:
il était une fois, il y a très longtemps...

Vers le milieu du dix-septième siècle,
deux jeunes Brayons du Pays de Bray en Normandie,
Pierre Bernard et Guillaume Cimon
décident de s'engager pour le Canada.
 Ils descendent la verdoyante vallée de la Béthune
pour embarquer à Dieppe.
Après une traversée de quelques mois, ils remontent le

Saint-Laurent j'usqu'à Québec.
Ils travaillent un certain temps dans la région de Beauport;
 puis, partent à l'aventure
vers l'est sur le long du Saint-Laurent.
 Dans les environs de Cacouna,
 ils arrivent à  un campement  indien.
( Ces Autochtones font partie de la tribu des Malécites,
tribu semi-nomade qui voyage, selon les saisons,
 du Saint-Laurent au fleuve Saint-Jean,
 à quelques 35 lieues de distance.)
Pierre et Guillaume y demeurent
 et font la pêche et la fête avec leurs nouveaux amis,
 

 

L'été passe, les amours commencent et,
 tandis que les volées d'outardes partent vers le sud,
 le camp et tous prennent le portage rivière
Cap-à- l'Orignal du lac Témiscouata.
 De là ils traversent en canots d'écorce,
puis descendent la rivière Madawaska
 jusqu'à son embouchure pour se rendre au campement principal
( situé dans les environs du fortin
historique).
 On se prépare pour l'hiver:
 les fruits sauvages sont cueillis par les femmes pendant que les hommes
rafistolent les abris et s'équipent pour la chasse et le piégeage.

Nos gaillards brayons. qui ont trouvé la communauté accueillante

et femmes à leur  goût,
passent l'hiver au campement.
 


Au printemps, une troupe militaire de Québec
traverse dans le coin en route vers Port-Royal.
 Voyant ces deux visages pâles parmi tous ces Malécites,
 un officier leur demande qui il sont, et il a pour réponse:
''On est des Brayons''.
 Et c'est ainsi que depuis lors les habitants du Madawaska
sont reconnus par les voyageurs du Québec et de l'Acadie
et que des Cimon et Bernard aux yeux bruns, bleus ou verts

 font toujours partie de la communauté malécite.
 


Conséquences des évenements tragiques et malheureux
qui frappent le peuple acadien et avec l'aide des Micmac
puis des Malécites,
des Acadiens réussissent à remonter jusqu'au Madawaska.
Ils fuient d'abord la déportation de 1755,
 le massacre de Sainte-Anne de 1759,
 le harcèlement cruel des Royaliste et finalement, en 1783,
 l'exécution par l'armée Britanique
de la confiscation de leurs terres
de la Mission Sainte-Anne

(octrotées aux Royaliste).



Ces Acadiens s'établissent sur les deux rives
de la rivière Saint-Jean, à l'est de la bourgade des Malécites.

Plusieurs descendants de ces Acadiens
s'identifient toujours comme tels,
 tandis que d'autres s'identifient comme
Brayons.
 


Un peu plus tard, et peu à peu des individus,
puis des groupes de la côte du Saint-Laurent
 viennent s'établir ici en quête de commerce ou de nouvelles terres.

Plusieurs d'entre-eux, descendants du Pays de Bray
 ou de bourgs voisins, comme
les Lévesque, Thibeault, Lavoie, Bélanger, Bérubé, Morin, Roy, 

 Fournier, Dumont, Dufour, Girard, Leclerc, Couture, Morel
'' et combien d'autres, avec à peu près le même accent,
la même histoire, se reconnaissent facilement
 sous le gentilé
''Brayon''
(du pays de nos ancêtres)

Malgré les controverses au sujet de nos gentilés,
les jeunes et les plus vieux comme leurs parents
y tiennent et sont fièrs de le porter.
Et ils ont peut-être su reconnaitre ou ressentir
les lettres de noblesse du nom que nous avons hérité
de nos ancêtres du  pays de Bray.


Aujourd'hui nous sommes toujours fièrs
de nous présenter comme
'' Brayons & Brayonnes.''

 


Et lorsque nous vivrons la joie de renouer 
avec nos cousins du Pays de Bray,
 ensemble nous crierons:
''Nous somme Brayons...
et que la Foire commence ''.
Et si c'était vrai...
 


Vive les Brayons du Pays de Bray et du Madawaska
Yvon Moreault


Aujourd'hui, en plus de ceux-ci,
 on partage en Pays de Bray, entre-autres
et au premier coup d'oeil,
un Levasseur, Marquis, Dion, Caron, Martin  et Picard.

 gentilé n.m. recommandé par l'Office de la langue française.

Dénomination des habitants pas rapport au lieu où ils habitent
(continent, pays, régions, ville, village, quartier, paroisse, etc.)
 

Prononciation: gen-ti-é
Texte le Madawaska
22 août 2001